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Une commission de l’ONU accuse Israël de possibles crimes de guerre à Gaza

February 28th 2019

Les enquêteurs du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU soulignent, dans un rapport publié le 28 février, l’usage disproportionné de la force létale contre les manifestants palestiniens le long de la frontière et concluent que la riposte israélienne aux manifestations de Palestiniens à Gaza l'an dernier s'apparente à des "crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité".

Selon la commission, dont le mandat était limité aux événements de 2018, ces manifestations étaient essentiellement de "nature civile" et il existe des "motifs raisonnables de croire que des tireurs d'élite israéliens ont tiré sur des journalistes, du personnel de santé, des enfants et des personnes handicapées, en sachant qu'ils étaient clairement reconnaissables comme tels". D'après les enquêteurs, "plus de 6.000 manifestants non armés ont été touchés par des tireurs d'élite militaires". Au moins 251 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis mars 2018, la grande majorité le long de la frontière, et les autres dans des frappes israéliennes en représailles à des actes hostiles en provenance de l'enclave. Deux soldats israéliens ont été tués sur la même période.

A Genève, le président de la commission, Santiago Canton, a expliqué que le droit international relatif aux droits de l'Homme était applicable à ces manifestations car l'enquête avait montré qu'"une majorité écrasante des manifestants n'étaient pas armés, même s'ils n'étaient pas tout le temps pacifiques".  La commission recommande par ailleurs aux autorités de la bande de Gaza de cesser d'utiliser des "cerfs-volants et des ballons dotés de dispositif incendiaire", l'envoi de ces engins vers Israël constituant un des aspects de la vaste mobilisation palestinienne.

La commission présentera un rapport plus détaillé le 18 mars devant le Conseil des droits de l'Homme. Elle a par ailleurs créé un "fichier confidentiel" des responsables présumés des violations et invite la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme de la partager avec la Cour pénale internationale. Les enquêteurs recommandent aussi la mise sur pied de sanctions internationales contre ces individus.